Simone Veil, née Simone Jacob, est une miraculée au destin hors du commun. Née dans une famille de confession juive, Simone Veil a connu la déportation. Ce terrible conflit mondial aura coûté la vie à sa mère, à son père, à son frère et à l'une de ses s½urs. Et puis elle va tout faire pour faire des études et avoir un vrai métier pour respecter le v½u de sa mère qui voulait voir ses filles être indépendantes. Après avoir suivi des études de droit dans le but de devenir magistrat, elle va profiter de l'ascension de son mari, diplômé de l'ENA, pour faire la connaissance de quelques personnalités politiques comme Raymond Aron ou Alain Poher.
Simone Veil le reconnait elle-même, elle a profité du fait d'être une femme. Avant 1974, elle participe à des commissions concernant l'avenir des prisons ou bien l'adoption et les handicapés mentaux. En 1974, alors qu'elle avait soutenu Chaban à la course à l'Elysée, elle devient à sa grande surprise ministre de la santé de Giscard dans le gouvernement Chirac. C'est alors qu'elle va mener son deuxième grand combat, après avoir milité pour plus d'humanité dans les prisons. Elle va être chargée d'un dossier épineux : l'interruption volontaire de grossesse. Le débat s'annonce difficile. Et puis malgré quelques réticences la loi est adoptée.
En 1979, Simone Veil est élue à la tête du Parlement européen pour un mandat de deux ans et demi au cours duquel elle a été amenée à rencontrer de nombreuses personnalités. Elle a surtout milité pour une Europe plus forte, plus sereine et plus rassemblée. Simone Veil restera député européen jusqu'en 1993, date à laquelle elle fait son grand retour au gouvernement, toujours à la santé mais cette fois ci avec Balladur comme Premier ministre. C'est à cette occasion qu'elle fera la connaissance de Nicolas Sarkozy.
En 1998, elle est nommée au conseil constitutionnel par le président du Sénat, René Monory, un poste qu'elle occupera pendant neuf ans.
Simone Veil est un symbole, une icône, une figure intouchable. C'est une européenne convaincue. Je crois que l'Histoire du monde et celle du 20ème siècle ne peuvent pas nous laisser de marbre. Les guerres mondiales qui ont meurtri l'Europe ont montré la nécessité de construire une autre réalité pour éviter ce genre de désastres. L'Europe a besoin d'être unie. L'Europe ce n'est pas seulement un drapeau et un hymne, l'Europe c'est une mosaïque de peuples, de cultures, d'hommes et de femmes rassemblés autour de certains idéaux et convaincus que l'union fait la force. En écrivant cet article, je ne peux que penser à des personnages aussi illustres que Jean Monnet, Konrad Adenauer et Robert Schuman, des précurseurs en matière de construction européenne. La crise économique, financière et sociale que le monde traverse aujourd'hui sert de révélateur. La crise est un mal pour un bien. C'est un mal parce que des millions d'individus dans le monde perdent leurs emplois, que des gens se retrouvent dans une misère la plus totale, que des entreprises font faillite...
Mais c'est aussi un bien parce que cela nous permet de repenser le système qui nous a mené jusqu'ici, que cela nous permet de retrouver une cohésion non plus de façade mais de fait au sein de l'Europe.
L'Europe est une opportunité, une chance mais aussi une ouverture sur le monde. Pour les étudiants, il y a le système Erasmus qui leur permet d'aller étudier dans d'autres pays européens, il y a la PAC (Politique Agricole Commune) qui permet d'aider les agriculteurs, il y a l'euro qui nous protège et nous rassemble, il y a une liberté de circuler...
L'Europe est une chance. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à la mondialisation. Certains pays pourraient avoir en réponse une attitude visant à se protéger. Mais le monde de demain on ne peut pas le façonner seul ou en fermant les yeux et les frontières. L'Union européenne est un atout dans la mondialisation.
Malheureusement, le grand gagnant des prochaines élections européennes risque d'être l'abstention... La cause européenne n'attire pas les foules et c'est bien dommage. Les citoyens européens n'ont pas le sentiment d'appartenir à une communauté qui dépasse le cadre national et puis ils ne comprennent pas bien les enjeux. Je trouve que non seulement il faut mobiliser les gens pour cette élection mais en plus il faut leur apprendre l'Histoire de l'Europe. Je crois que Simone Veil a fortement contribué à cette Histoire.
