Il y a plusieurs semaines, Alain Marleix, secrétaire d'Etat à l'Intérieur et aux collectivités territoriales, présentait une possible nouvelle version de la carte électorale. J'utilise volontairement le conditionnel puisque cette carte risque de provoquer la colère de certains élus tant de droite que de gauche et être du même coup retouchée. Cette carte, vous pouvez la voir, c'est celle qui illustre mon article.
Cette réforme est une nécessité. La carte électorale n'avait pas été modifiée depuis 1986. Depuis, la France a vu sa population augmenter. Aujourd'hui il y a de grosses inégalités entre les circonscriptions. Il y en a où la population est nombreuse et d'autres où c'est l'effet inverse. Le but de la réforme menée par Alain Marleix est de corriger le tir.
Que faut-il retenir de la réforme ?
Le nombre de députés va rester le même : 577.
33 circonscriptions vont être créées et 33 supprimées.
306 circonscriptions seront modifiées et 238 resteront inchangées.
Les départements qui gagnent des sièges
Ain, Gard, Haute-Garonne, Gironde, Hérault, Ille-et-Vilaine, Isère, Loiret, Savoie, Haute-Savoie, Seine-et-Marne, Var, Vaucluse, Val d'Oise, Réunion, Mayotte, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, Polynésie française : soit 15 départements et 3 COM gagnant ensemble 22 circonscriptions, auxquels il convient d'ajouter 11 sièges créés pour les Français établis hors de France.
Ceux qui en perdent
Allier, Charente, Corrèze, Creuse, Indre, Loire, Lozère, Manche, Marne, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Nièvre, Nord, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Hautes-Pyrénées, Haut-Rhin, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Paris, Seine-Maritime, Deux-Sèvres, Somme, Tarn, Haute-Vienne, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne : soit 27 départements perdant ensemble 33 circonscriptions.
Remodelage sans variation du nombre de députés :
Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Aube, Aude, Bouches-du-Rhône, Calvados, Finistère, Indre et Loire, Landes, Loir-et-Cher, Loire-Atlantique, Mayenne, Meuse, Morbihan, Pyrénées-Orientales, Bas-Rhin, Rhône, Yvelines, Vienne, Yonne, Essonne, Hauts-de-Seine, Guadeloupe, Martinique, Guyane : soit 25 départements.
Le côté politique de la réforme
Le plus difficile dans cette affaire c'est de résister à la tentation. C'est très difficile d'être objectif lorsqu'on touche à la carte électorale et qu'on est au gouvernement. Il y a fort à parier que l'UMP, si cette réforme aboutit, gagnera haut la main les prochaines élections législatives. Cependant, lorsque les socialistes ont décidé en 1986 de modifier cette même carte cela les a conduit à une défaite aux législatives dans la foulée.
Par exemple, le département de l'Allier, très à gauche, va perdre un siège. Généralement c'est la gauche qui fait les frais de ce redécoupage, les départements où elle est majoritaire risquent de perdre des circonscriptions.
Bien sûr, il existe des contre exemples comme la Manche, la Marne et la Moselle vont perdre des circonscriptions, des départements où la droite est très implantée.
C'est un peu tôt pour s'emballer. Cette réforme, voulue par Nicolas Sarkozy sans doute pour asseoir sa mjorité à l'Assemblée nationale, a fait l'objet d'une longue reflexion. Reste à savoir désormais quels seront les avis des députés. Cette affaire est loin d'être bouclée...